Pour parler un language commun

Il s’agit pour nous de l’espace commun, que ce soit une rue, une place, un bâtiment mais aussi internet ou un espace de réflexion et d'action commun. Que ce lieu rassemble ou qu’il soit un interstice, sa vocation première est d’être sujet à des formes de cohabitations dans les usages. Ce n’est donc pas forcément le lieu de l’art mais quand celui s’en empare (théâtre, art plastique, musique,…), il est vecteur d’une dynamique culturelle, sociale et humaine.
De manière sensible, il est important pour nous de la suivre quand il s’agit de décrypter un espace, ce qui l’organise ou les usages de ceux qui l’occupent. Ce sentiment instinctif ouvre sur les tendances ou événements que l’on sent venir. Elle équilibre et complète l’approche purement technicienne et réflexive. L’intuition est un élan que nous aimons également activer chez nos interlocuteurs.
Celle-ci vise à créer d’autres approches entre la création et la diffusion artistique sur la base de rapports nouveaux entre le public et les artistes. L’inscription dans le temps, le mélange des formes ainsi que le territoire d’action comme inspiration en dessinent les traits principaux.
Un espace non dédié est un lieu dont la vocation première n’est pas celle d’accueillir des formes artistiques (lieu patrimonial, salle de réunion, hall, équipement sportif,…) mais dont la configuration, l’esthétique, le vécu ou l’imaginaire qui s’en dégagent peuvent amener à être le support d’une intervention artistique et culturelle. Dans le cadre de projet sur des communes dépourvues d’équipement, ce type de lieu peut s’avérer très utile et moteur. Facteur de valorisation du patrimoine (bâti ou non), ce type de démarche s’avère souvent pertinent économiquement en évitant la construction d’équipements. Nous ajouterons à cela l’approche de lieu ou d’espace détourné. Une salle de spectacle peut être le lieu d’une forme artistique en dehors d’une utilisation classique de la scène. Par exemple, le théâtre de rue s’emploie souvent à ce genre de détournement.
La concertation ne se décrète pas. Elle s'imagine, s'expérimente. C'est à notre sens un formidable terrain de jeu car elle invite au dialogue, à la rencontre positive d'idées, parfois opposées. Nécessaire car inclusive, elle apporte ainsi plus qu'une plus value au projet concerné. Reste à lui trouver une méthodologie adpatée pour qu'elle soit efficace. Et c'est là où il faut se permettre des choses, dépasser les formes attendues, être ludique, se décentrer. Bref, être inventif.
Pour nous, toute approche culturelle, artistique et citoyenne en espace public ne doit pas être séparée de son contexte. Chaque lieu ou territoire à son histoire, ses problématiques et ses aspirations ; la population restant au centre de tout cela. Le contexte devient donc le guide de notre démarche et sa source d’inspiration.
Les arts de la rue et du cirque mais également les arts plastiques se définissent bien souvent par un rapport particulier au public (en l’intégrant très souvent d’une manière ou d’une autre) et à l’espace (utilisation du cadre bâti,…). Depuis quelques années d’autres disciplines (danse, multimédia,…) remettent en causes leurs pratiques dans la recherche de ce type de rapport.  La notion « d’arts publics » nous semble bien adaptée car elle s’attache à cette question et ce peu importe la discipline artistique. Evidemment, c’est un peu plus complexe que cela…